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2012-09-15T10:13:00+02:00

Des mains rassurantes et bienveillantes face à la peur - Vendredis intellos

Publié par chocophile

Il y a des livres que l’on garde précieusement dans sa bibliothèque, celui dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui m’a été offert à Noël par ma puce alors qu’elle avait à peine 2 mois…

 

Oui évidemment c’est son papa qui m’a offert ce cadeau de sa part en écrivant une petite dédicace à l’intérieur où cette petite puce espérait de nombreux massages à venir…


 

 

Ce livre de Frédérick Leboyer intitulé Shantala, un art traditionnel le massage des enfants, a déjà été évoqué aux VI par Home Sweet Môme dans cet article intitulé Masser son bébé, je l’ai ressorti de ma bibliothèque y repensant alors que je massais délicatement les jambes de mon nouveau né et que je voyais dans ses yeux et dans son lâcher prise combien il appréciait… Le moment était venu de me replonger dans mes livres sur le massage de bébé.

 

Mais ce n’est pas de massage dont je vais vous parler, si ce livre présente photos à l’appui les techniques de massage des bébés pratiqués en Inde, il est surtout un recueil de textes magnifiques qui résonnent intensément dans mes fibres de nouvelle maman, j’aime tout particulièrement les mots qu’il utilise pour décrire ce que peut ressentir ce petit être qui vient au monde et combien il faut répondre à son besoin d’être rassasié dans tout son être, satisfaire la faim de son estomac, celle là même qui lui permet de continuer sa croissance oui mais pas seulement…

 

 

Puisqu’il me faut choisir quelques uns de ces mots, laissez-moi partager avec vous la 4ème de couverture…

 

Les semaines qui suivent la naissance sont comme la traversée d’un désert.

Désert peuplé de monstres : les sensations nouvelles du dedans montent à l’assaut du corps de l’enfant.

Après la chaleur du sein maternel, après la folle étreinte qu’est la naissance, la solitude glacée du berceau.

Et puis surgit un fauve, la faim, qui mord bébé aux entrailles.

 

Ce qui affole le malheureux enfant ce n’est pas la cruauté de la blessure.

C’est sa nouveauté.

Et cette mort du monde à l’entour qui donne à l’ogre des proportions immenses.

Comment calmer une telle angoisse ?

 

Nourrir l’enfant ?

Oui.

Mais pas seulement de lait.

Il faut le prendre dans les bras.

Il faut le caresser, le bercer.

Et le masser.

 

Ce petit, il faut parler à sa peau, il faut parler à son dos qui a soif et faim autant que son ventre.

 Dans les pays qui ont conservé le sens profond des choses les femmes savent encore tout cela.

Elles ont appris de leur mère, elles enseigneront à leurs filles, cet art profond, simple et très ancien qui aide l’enfant à accepter le monde et le fait sourire à la vie.

 

Quand je pense à la place de bébé dans notre société occidentale, l’image que j’ai immédiatement en tête c’est un bébé qui ne doit pas être « encombrant ». J’emploie volontairement ce terme peut être un peu exagéré, quoi que, mais c’est la sensation que j’ai souvent lorsque j’entends certaines phrases, que je vois certains comportement.

 

On veut que bébé dorme la nuit, qu’il dorme dans son lit à barreaux immense perdu au fin fond d’une chambre qui est la sienne, on veut que bébé mange à heure fixe et surtout pas que maman soit à sa disposition tout sein dehors alors l’allaitement est considéré comme une contrainte aberrante et impudique tandis que le biberon par son rythme et ses quantités bien définies rassure les bienséances, on veut que bébé ne soit pas toujours dans les bras de sa maman sa place n’est pas là il va devenir capricieux… Inutile que je continue la liste non exhaustive de tous ces préceptes qui ne laissent aucune place à l’instinct parental, ni à l’écoute d’un petit être gorgé de besoins de contact après 9 mois lové au creux d’un ventre protecteur, mais oh combien toute la place à la souveraine culpabilité…

 

Il n’y a certainement pas une bonne et une mauvaise façon de faire, mais par contre je le sens bien au creux de mes entrailles, il y a quelque part une force incommensurable qui nous conduit à vouloir le meilleur toujours le meilleur pour nos enfants. Il faut juste investir dans de bonnes œillères et autres boules quiès pour ne pas entendre le jugement des autres…

 

Je m’égare mais je ne peux que vous recommander la lecture de ce livre, même si le massage n’est pas une pratique qui vous tente (car celle là comme les autres est avant tout une question d’envie, les parents comme les bébés d’ailleurs peuvent ne pas y trouver leur bonheur !)

 

 

J'ai aussi envie d'évoquer un passage au tout début du livre où l’auteur évoque la notion de commencement de la vie, un commencement qui est placé au jour de la naissance de bébé alors que la vie ne commence pas lorsque l’enfant vient au monde mais bien avant !! Si on me posait la question, je répondrai que la vie a commencé alors même que deux toutes petites cellules étaient assemblées et mises bien au chaud dans une étuve, nourries de tous nos espoirs. C’est à partir de ce moment là que nous avons retenu notre souffle…

 

L’auteur dit très justement que lorsque bébé vient au monde ce n'est pas la vie qui commence…

 

Ce qui commence c’est la peur.

La peur et l’enfant naissent ensemble.

Et ne se quitteront jamais.

La peur, compagne secrète, discrète de l’ombre et, comme elle, fidèle, obstinée.

La peur qui ne nous lâchera qu’à la tombe où fidèlement elle nous aura mené.

 

A nous parents d’apporter tout ce qu’il faut et plus encore à bébé pour pouvoir l’affronter sereinement… et pouvoir tant bien que mal affronter nous-mêmes la notre, si vive, si forte, si tenace, si incommensurable..

 

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commentaires

Madame Ordinaire 17/09/2012 11:17

J'avais assisté à un atelier de massage alors que ma fille aînée avait quelques mois et je me souviens de son regard lorsqu'elle s'abandonnait à mes mains... Il y avait alors une totale confiance
et je partage totalement ce que tu as écrit dans ton billet. J'ai un brouillon d'article en cours sur le sujet des massages mais concernant un autre livre qui m'avait alors accompagnée, je n'ai
plus qu'à le terminer!

brigitte 17/09/2012 07:32

la peur, oui ! je confirme ! quant aux massages, on ne dit pas encore assez que notre instinct fait bien les choses lorsqu'il s'agit d'apaiser, toucher avec douceur, masser le petit ventre, le dos,
caresser le front pour calmer, prendre dans ses bras. Et c'est valable pour les grands ! si nous pensions plus souvent à nous faire du bien .... avec toute la tendresse dont on est capable.

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